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Evolution du Bar et des leurres
: Dossiers : Techniques : Carnassiers mer

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II - Test sur les perches
Cette expérience laisse entrevoir pour la carpe des capacités d’adaptation aux dangers bien au dessus de ce que nous soupçonnions ! J’ai eu la chance de rencontrer un élève en formation en BTSA de production aquacole qui avait à sa disposition un aquarium rempli de perches (une vingtaine). Il m‘a raconté l’expérience qu’il avait réalisée avec d’autres élèves de son établissement (pêcheurs comme lui !).

Ils ont testé pendant une semaine (du lundi au vendredi inclus, 5 leurres différents) à raison d’un leurre nouveau par jour ainsi que la présentation du leurre de la veille, et leur intégralité le dernier jour.

1° jour
La première journée nos poissons se sont vu présenter une petite cuillère tournante sur laquelle trois perches se sont fait prendre, lors des trois premiers lancers, puis une autre a suivi moins franchement et mordu en fin de course, après le groupe s’est contenté de suivre le leurre quatre ou cinq fois avant de devenir complètement indifférent à cette cuillére.

2° jour
La même cuillère a été présentée au début du test : les perches se sont contentées de la suivre sans mordre sur l’intégralité de sa course ; au troisième lancer, elles n’étaient plus que quelques-unes à suivre ; au cinquième lancer, plus aucune ne suivait, elles étaient toutes indifférentes. Immédiatement après, un poisson nageur leur a été présenté, la touche ne s’est pas fait attendre ; les trois lancers suivants ont aussi été couronnés de succès, puis les perches ont suivi de moins en moins nombreuses, là encore jusqu'à leur indifférence totale.

3° et 4° jours
Les deux jours suivants elles ont fait connaissance avec un devon de jiging Finlandais, et un petit poisson à hélices, avec toujours les mêmes résultats et conséquences.

5° jour
le dernier jour les quatre leurres présentés pendant la semaine ont été relancés, les uns après les autres sans la moindre touche et suivi.

Cette expérience fort instructive pour les pêcheurs que nous sommes, démontre des facultés d’apprentissage extrêmement évoluées chez les poissons, plus ou moins suivant les espèces, il est d’ailleurs reconnu que tel ou tel poisson est plus ou moins méfiant ou intelligent que d’autres, voir même presque stupide. Le brochet en est le parfait exemple : lui seul est capable, cinq minutes après un décrochage, de remordre sur le leurre qu’il venait de manquer.

Conclusion
Cette expérince a le mérite d’être novatrice et très instructive, mais elle est malheureusement incomplète :

- Les poissons pris (et relâchés) ne sont malheureusement pas marqués, il nous est donc impossible de savoir si l’assimilation chez ceux-ci est plus forte que chez les autres membre du groupe.

- Des tests de couleurs auraient pu être effectués pour chaque leurre.

- Le rythme de récupération aurait pu être différent pour chaque leurre afin de déterminer son importance ...

Nous ne sommes pas là pour faire un classement chronologique de l’intelligence piscicole, mais pour comprendre (tenter de comprendre !) son mode de "réflexion" et de s’y adapter afin de pêcher le plus efficacement possible.

Deux petites histoires
J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop mais je vous livre encore deux petites histoires. La première est fort courte, elle résulte d’une constatation personnelle.

Un hiver, n’en pouvant plus d’attendre les beaux jours pour retourner pêcher qui nous savons, je me laisse inviter chez l’ami d’un client, pisciculteur et propriétaire de réservoirs, afin de fouetter de arc en ciel ; le maître des lieux me fait visiter ses parcours et ses bassins d’élevage. A peine arrivés à dix mètres d’un de ceux-ci que les truites se précipitent toutes sur nous pour ne plus former qu’une grosse masse sombre et compacte. Ce comportement m’a vraiment surpris ; il est pourtant tout à fait normal, l’apprentissage de ces poissons étant : "l’homme gentil qui vient nous donner à manger", ces truites n’ont donc aucune méfiance en vers l’homme, elles sont même ravies de le voir ("Miam, miam !").

Mais un apprentissage n’est jamais définitif, il évolue avec les différentes contraintes du milieu hostile ou amical. Ces mêmes truites vont partir dès la mi-Mars, par bassines entières vers une autre vie, finie les grandes mares rectangulaires, (changement de décor !) maintenant c’est une plus ou moins vrai rivière qu’elles découvrent (ou du moins ce qu’il en reste !). Là c’est une autre histoire qui commence, la diète pendant quelques jours, puis un beau jour l’homme va revenir et lui aussi avec de la nourriture.

Aïe aïe aïe ouille aïe ??? (comme "les cactus ça pique" de Dutron) ça pique, ça fait mal. Fini le club MED (plus de repas servi à heure fixe). Bon nombre de ces arcs vont faire les frais de leur éducation pour le plaisir de quelques "viandards" et ce en un week-end , les rescapées de l’ouverture ont compris la leçon, à la première silhouette humaine venue elles se précipiteront se cacher, elles qui dix jours auparavant auraient fait exactement l’inverse. Il y a bien eu apprentissage, il en va de même pour toutes populations piscicole maritime ou terrestre, elles s’adaptent aux modes de pêche locales, en gros à ce que nous leur proposons.

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